Revue Pli : Numéro 04

Pour la thématique de sa quatrième édition, la revue annuelle Pli – après s'être attaquée aux conflits l'an passé –, choisit aujourd'hui d'explorer les questions relatives à la matière. Qu'elle soit première, architecturale, narrative, graphique ou même culinaire, celle-ci se décline en témoignages, articles, textes contés, réalisations graphiques et autres collaborations diverses. Une approche transdisciplinaire pour des questionnements créatifs émergents.

Après avoir examiné le sujet du conflit à travers des pages toutes de vert vêtues, le périodique, reconnaissable par son traitement éditorial monochrome, choisit le rouge pour sa quatrième impression, tournée vers la ou les matière(s). Un thème élémentaire qui explore différents états de la matière, du concret à l'impalpable. Cinq artistes et designers participent à la sur-couverture : Fanette Mellier, Les Graphiquants, Spassky Fischer, Atelier irradié, et Léo Grunstein & Camille Berger interprètent ainsi le sujet sous la forme d'une composition contemporaine.
Combinant l'architecture à l'édition, le programme éditorial, issu de riches collaborations, rassemble le travail de 17 illustrateurs et d'une vingtaine d'auteurs venus d'Europe et du Canada. Pour la première fois depuis sa création, l'ouvrage enrichit ses pages d'extraits de réalisations graphiques et photographiques sur papier glacé qui viennent rythmer une lecture et un contenu transdisciplinaires.

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Contrairement aux éditions précédentes, Pli n'est pas organisée par chapitres. Elle donne la liberté aux collaborations d'auteurs et d'illustrateurs de déterminer leur propre champ d'exploration et d'exprimer leurs pensées par des formats et des matérialités diverses. Ainsi, si Philippe Rahm (architecte) ouvre le débat avec « Une histoire du matériau en architecture et de la couleur », d'autres verront la thématique sous la forme de témoignage, à la manière de l'architecte Ruth Oldham qui rédige « A Hill Made by People » soit en français : « Une colline artificielle », (Ruth Oldham, architecte) quand la rubrique « Matière à rêver » parcourt l'urbanité sous l'angle de l'utopie.
Le designer Baptiste Mayniel et la créatrice et scénographe Elisa Bertron prennent quant à eux le parti de personnifier la matière (« Matière à dess(e)in : quelques réflexions » ; « La maison qui t'empoigne, la matière personnifiée ») et l'explorent ainsi à travers des rapprochements symboliques. Pli organise également la réflexion de ses intervenants autour des problématiques de stockage : « Archiver l'architecture », en passant par la réutilisation et le renouvellement de la matière « Rebus et résilience », de l'amas, du déchet, du rejet et autres challenges que la période anthropocène donne à exploiter.

Si les premières pages dressent les constats et introduisent des éléments historiques aux propos, les dernières proposent de conclure sur une note appétissante, à travers un conte architectural et culinaire.

La complémentarité entre éléments historiques et expérimentations graphiques et poétiques se résume dans un recueil finement documenté malgré une articulation parfois maladroite.

Pli porte un regard critique et frais sur des enjeux largement ancré dans l'actualité.

Pour en savoir plus, visitez le site de PLI

Photographies : DR Pli, Bonjour Garçon Studio