Dans les domaines de la décoration intérieure et du textile, les tendances chromatiques traduisent des évolutions plus profondes des usages, des ambiances recherchées et du rapport à la matière. La teinte lie de vin, mise en avant pour l’hiver 2026, s’inscrit dans cette dynamique. Dense, sourde, située entre le rouge et le violet, elle répond à une recherche d’intérieurs plus enveloppants, où la couleur structure l’espace sans l’envahir.

Né dans le champ de l’architecture au milieu du XXᵉ siècle, le brutalisme n’est pas, à l’origine, une esthétique décorative mais une position intellectuelle. Le terme apparaît sous la plume de l’historien britannique Reyner Banham dans The New Brutalism: Ethic or Aesthetic? (1966), où il désigne une attitude fondée sur la lisibilité constructive, la vérité des matériaux et le refus de toute dissimulation formelle. 

À Turin, le Duparc Contemporary Suites occupe une place singulière dans le paysage hôtelier. Mêlant architecture rationaliste et brutaliste, le bâtiment a été conçu dans les années 1970 par l’architecte Laura Petrazzini et l’artiste Corrado Levi. Son identité repose sur une structure monumentale en béton armé et en verre, pensée pour réunir art et hospitalité dans un même cadre. En 2007, l’Ordre des Architectes de Turin l’a reconnu en lui attribuant le prix « Architetture Rilevate ». Initialement imaginé comme la « Résidence du Parc » pour des séjours de longue durée, l’ensemble comptait 75 appartements qui accueillirent des personnalités du monde industriel et culturel, séduites par l’espace et le confort des lieux.

C’est à TaK Architects qu’a été confiée la métamorphose de l’ancien InterContinental de Prague, conçu entre 1968 et 1974 par Karel Filsak. Premier cinq-étoiles international de l’ex-Tchécoslovaquie, l’hôtel brutaliste réunissait architecture, design et art avant de subir des décennies de dégradations et une rénovation peu respectueuse dans les années 1990. Repris par trois investisseurs  (Pavel Baudiš, Eduard Kučera et Oldřich Šlemr), le bâtiment est finalement restauré plutôt que démoli. Après concours, l’équipe de TaK Architects, (menée par Marek Tichý), conduit une reconstruction de cinq ans en partenariat avec Fairmont Hotels & Resorts.

Astet Studio dévoile la conception des espaces intérieurs privés de la Torre Velasca à Milan, dont l’achèvement est prévu début 2026. Intervenir dans l’un des bâtiments brutalistes les plus emblématiques de la ville implique de composer avec une architecture marquée, tout en y introduisant une vision contemporaine. Le studio barcelonais réinvente ainsi plusieurs environnements (spa, gym, Members Club et zones de réception des résidences) en s’appuyant sur des matières raffinées, des contrastes spatiaux et des références culturelles propres à Milan.

La place qu’occupe aujourd’hui la céramique en architecture intérieure ne relève plus d’un simple élargissement de gamme ou d’un effet de tendance. Elle traduit une transformation plus profonde du rapport entre matière, surface et projet. Longtemps perçue comme un revêtement fonctionnel, la céramique s’est progressivement imposée comme un outil de conception à part entière, capable d’influencer la structure même des espaces.

Avec Nyra, Atlas Concorde ouvre un champ d’exploration inédit autour de la pierre céramique. Conçue avec l’architecte Alberto Apostoli, cette collection marque le premier chapitre de Nyra World, un univers dédié à toutes les surfaces effet pierre. Ce projet inaugure une approche où la matérialité devient un vecteur de bien-être, d’expérience sensorielle et de continuité entre intérieur et extérieur.

Avec Under the Skin, Charlotte Taylor propose une lecture singulière de la céramique en architecture intérieure. Conçu à l’occasion des 90 ans de Marazzi, le projet prend la forme d’une maison imaginée, sans ancrage géographique précis, où chaque espace est pensé comme une scène habitée. Plus qu’un exercice de style, cette maison fictive interroge le rôle de la surface céramique dans la construction d’un récit architectural.

Au 38 rue des Jeûneurs, dans le 2ᵉ arrondissement de Paris, le Studio Vincent Eschalier a réinterprété un plateau de 600 m² destiné à un jeune fonds d’investissement en privilégiant une atmosphère contemporaine et feutrée articulée autour d’une grande verrière centrale. L’objectif ici était de créer un lieu lumineux où les matières instaurent une intimité maîtrisée. La moquette noire Silky Seal 1219 d'Object Carpet a été choisie pour sa texture délicate, sa teinte apaisante mais aussi pour sa grande résistance, contribuant à l’équilibre esthétique et fonctionnel du projet. Posée en lés, elle sert de base visuelle et acoustique : elle absorbe les sons, adoucit les circulations et devient un fil conducteur discret dans l’ensemble du projet.
Afficher plus

Book des Lauréats des MIAW

 
BOOKCOUVSTE 

d'architectures en kiosque

DA 325 COUV MAI2025SITE