Associé aux salons feutrés du XIXᵉ siècle, le boudoir réapparaît aujourd’hui dans les appartements, les hôtels ou même certaines boutiques. Les designers multiplient les espaces enveloppants, pensés comme des refuges sensoriels. Matières profondes, lumières tamisées, volumes réduits : cette esthétique de l’intimité traduit une évolution plus large des attentes envers les lieux de vie et de consommation.

À Tours, l’enseigne Edgard Opticiens inaugure un flagship de 600 m² conçu par l’architecte d’intérieur Marine Bonnefoy, avec la maîtrise d’œuvre assurée par Sylvain Fradet. L’aménagement intérieur s’éloigne volontairement des codes minimalistes souvent associés au commerce contemporain pour privilégier un décor enveloppant, dense et chaleureux. Le projet développe une atmosphère feutrée qui évoque par endroits l’intimité d’un boudoir, où les matières, les couleurs et le mobilier participent à créer un environnement rassurant pour l’essayage des lunettes.

À Lyon, la boutique LOULOU, spécialisée dans les lunettes rares et avant-gardistes, s’installe au 14 rue Gasparin dans un espace entièrement repensé par l’architecte Johany Sapet. L’adresse, déjà reconnue pour sa sélection pointue de créateurs internationaux, accompagne ce déménagement d’un projet architectural conçu comme un écrin, où l’expérience d’achat repose autant sur la relation humaine que sur la mise en scène des objets.

À l’occasion de la Paris Design Week 2025, la maison textile suisse Fischbacher 1819 a invité le designer et architecte d’intérieur Jean-Paul Veison Marcelli à concevoir la scénographie de présentation de sa collection BENU. Cette collaboration a ainsi associé l’expertise textile de la maison fondée en 1819 à Saint-Gall et l’univers décoratif du designer, dans une installation pensée comme un intérieur suspendu entre évocation méditerranéenne et atmosphère de boudoir.

Le Château Louise de La Vallière, situé près d’Amboise et de Tours au cœur du Val de Loire, propose une immersion dans un univers décoratif inspiré du Grand Siècle. Pour cet hôtel installé dans un bâtiment de la Renaissance, le décorateur et architecte d’intérieur Jacques Garcia a imaginé des intérieurs qui réinterprètent l’esthétique aristocratique du XVIIᵉ et du XVIIIᵉ siècle. L’ensemble privilégie une atmosphère feutrée et sensuelle, proche de l’esprit du boudoir, où matières, couleurs et objets composent un décor évoquant l’intimité des demeures royales.

Les surfaces réduites obligent à repenser l’aménagement intérieur avec une précision presque architecturale. Studio urbain, salle de bains compacte ou pièce multifonction : les petites surfaces imposent des choix radicaux mais ouvrent aussi un champ d’invention considérable. Agencement rigoureux, mobilier intelligent, jeux de lumière et de matières permettent de transformer quelques mètres carrés en espaces à la fois lisibles, fonctionnels et agréables à vivre.

Dans l’habitat contemporain, la réduction progressive des surfaces impose de repenser l’aménagement des pièces techniques. Autrefois espaces purement fonctionnels, les cuisines, buanderies ou salles de bains deviennent aujourd’hui de véritables terrains d’expérimentation pour les architectes d’intérieur. Parmi elles, la salle de bains constitue sans doute le laboratoire le plus révélateur de cette évolution. Souvent limitée à quelques mètres carrés (parfois à un simple cabinet d’invités) elle concentre désormais une grande partie des recherches sur la compacité des équipements et l’intelligence de leur implantation.

Souvent délaissés ou utilisés comme zones de stockage, les combles représentent pourtant une réserve de surface importante dans l’habitat existant. Pour l’architecte d’intérieur Amandine Maroteaux, fondatrice de l’Atelier Compostelle, leur transformation en espace habitable suppose toutefois une analyse préalable précise. Avant tout projet, plusieurs paramètres doivent être vérifiés, tant sur le plan administratif que technique : coefficient d’occupation du sol, droits de propriété, accès existant, pente de toiture, type de charpente ou qualité de l’isolation.

Situé dans le programme résidentiel Żurawie à Gdańsk, en Pologne, cet appartement de 20 m² conçu par l’architecte Aleksandra Czajka-Witkowska illustre une approche très précise de l’aménagement des micro-logements. Destiné à la location de courte durée, le projet s’inspire de la logique d’une chambre d’hôtel : un intérieur clair, intuitif et débarrassé de tout élément superflu.

Longtemps cantonné à la menuiserie décorative, le bois a retrouvé en quelques années une place centrale dans le projet d’architecture intérieure. Porté par l’évolution des techniques et l’arrivée de panneaux plus performants, il est désormais utilisé pour structurer le volume, unifier les surfaces et définir l’atmosphère d’un lieu. 
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