Longtemps relégué aux marges des pratiques artistiques, l’art textile connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. En début d’année, l’artiste américaine Sheila Hicks affirmait que « l’art textile va gagner ». Cette dynamique se confirme dans les salons et expositions où les pratiques liées au fil, au tissage ou au crochet trouvent une nouvelle visibilité. Repérée notamment au salon Maison & Objet et à Expo4Art à Paris, l’artiste française Annie Cicatelli développe une œuvre singulière fondée sur la transformation de matériaux récupérés en sculptures textiles destinées à l’espace domestique.

Pendant des décennies, l’industrie du design s’est construite autour d’un principe simple : renouveler sans cesse les collections. Dans le mobilier comme dans l’objet domestique, chaque saison apportait son lot de nouveautés, alimentant une dynamique proche de celle de la mode. Aujourd’hui, ce modèle commence à être questionné. 

Dans l’industrie du mobilier, la notion de design conscient s’impose progressivement comme un changement de paradigme. Longtemps associée au seul choix de matériaux plus responsables, la durabilité s’étend désormais à la conception même des objets : démontabilité, réparabilité, modularité et possibilité d’évolution dans le temps deviennent des critères de projet. Plusieurs marques européennes explorent aujourd’hui ces principes en collaboration avec des designers, cherchant à intégrer la circularité dès les premières étapes du design.

Designer franco-américaine installée à New York, Laurence Carr développe depuis plusieurs années une pratique qui associe architecture intérieure, design de produits et recherche sur les matériaux durables. Formée notamment à Parsons School of Design, elle fonde le studio Laurence Carr Inc., avec lequel elle conçoit des projets résidentiels et commerciaux en privilégiant des matériaux sains, renouvelables et des environnements favorisant le bien-être. Son travail s’inscrit dans une réflexion plus large sur le rôle du design face aux enjeux environnementaux, avec une attention particulière portée au cycle de vie des objets et à la circularité dans l’industrie de l’aménagement.

Depuis quelques années, designers et studios interrogent plus ouvertement la logique de production rapide qui domine encore l’industrie du mobilier. Face aux enjeux environnementaux et à la saturation matérielle, certains projets explorent d’autres rythmes de conception, en s’intéressant davantage aux ressources disponibles, aux usages et à la durée de vie des objets. C’est dans cette perspective que l’American Hardwood Export Council (AHEC) avait lancé au début des années 2020 l’initiative Slow Design for Fast Change, invitant neuf jeunes designers à travailler à partir de trois essences de feuillus américains : chêne rouge, érable et cerisier.

À Cergy, le Collège Caroline Aigle a été livré en janvier 2023 après seulement un an de chantier, un délai particulièrement resserré pour un établissement scolaire. Le projet, mené par le cabinet Gaëtan Le Penhuel & Associés, devait répondre à l’urgence démographique de l’agglomération de Cergy-Pontoise, avec une capacité d’accueil de 700 élèves. Dans ce contexte contraint, l’intégration des plafonds fournis par Hunter Douglas a joué un rôle central, autant pour la maîtrise acoustique que pour la modularité recherchée.

En design intérieur, l’acoustique gagne aujourd’hui un rôle inédit en devenant une véritable matière de projet. Au lieu d’intervenir en marge, elle s’intègre à des objets qui façonnent naturellement l’espace, lumière, assise, revêtement, système audio, jusqu’à modeler l’ambiance sans jamais s’imposer visuellement. En circulant ainsi d’un domaine à l’autre, elle transforme notre perception du confort spatial et redéfinit les outils du design intérieur.

Dans un contexte où Euronext devait choisir entre rester à La Défense ou réintégrer Paris intramuros, la décision de transformer en profondeur son siège plutôt que de déménager constitue le point de départ du projet confié à Factory. L’enjeu portait autant sur la performance des espaces que sur leur capacité à incarner l’identité du premier opérateur boursier paneuropéen, dont les 6 000 milliards d’euros de capitalisation et le rôle régulateur exigent des lieux à la hauteur de son influence.

À l’heure où les plans se décloisonnent et où les volumes se simplifient, les sols et surfaces redeviennent un outil de composition majeur. Terrazzo, mosaïques et marqueteries contemporaines ne se contentent plus d’habiller l’espace : ils en dessinent les contours, en structurent les usages et participent pleinement à l’identité des lieux. Par leur matérialité et leur précision, ces surfaces horizontales s’imposent comme de véritables éléments d’architecture.
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