Né à Buenos Aires en 1964 et installé en Suisse depuis la fin des années 1970, Alfredo Häberli s’est imposé comme l’une des figures les plus sensibles du design contemporain. Formé à la Höhere Schule für Gestaltung de Zurich, il a développé un langage profondément humain, capable de conjuguer la rigueur du design industriel à la chaleur du geste artisanal.

6 collaborations à retenir Dans le paysage du design et de l’architecture, la collaboration n’est plus l’exception, mais la règle. Hôteliers, industriels et marques y voient un levier de différenciation et de sens, tandis que les designers s’en servent comme d’un champ d’expérimentation à grande échelle. Ces rencontres, parfois même entre univers éloignés (du mobilier à l’automobile, de l’artisanat à l’hôtellerie), traduisent une évolution profonde : inscrire les lieux et les objets dans une dimension plus sensible et signifiante. 

À l’occasion du programme artistique « La Grande Manufacture », l’Hôtel Le Grand Mazarin poursuit son dialogue avec la création contemporaine. Après l’artiste Héléna Soubeyrand au printemps, c’est le duo Pangea, fondé par Colombine Jubert et Laëtitia Rouget, qui investit les vitrines de l’établissement à partir du 24 septembre avec une installation inédite intitulée Les Tendres Épouvantails.

Présentée à partir du 14 octobre à la Galerie des Gobelins, dans le cadre du Salon Les Nouveaux Ensembliers, la collaboration entre le studio OUD et la Galerie MCDE explore ce territoire rare où la mémoire du geste artisanal se fond dans une approche contemporaine du design. Ensemble, ils signent deux pièces inédites inspirées de l’œuvre de l’architecte et designer français, Pierre Chareau (1883–1950) figure majeure du modernisme : l’applique murale DOUM et le tabouret PHILA, tels des hommages délicats à celui qui, dès les années 1920, redéfinissait la frontière entre architecture et mobilier.

Quand on découvre la collection Fumi, il faudrait sans doute commencer par souligner tout ce qu’elle incarne du contemporain, surtout grâce à la collaboration entre Eldvarm et Guillaume Delvigne — ce dernier dont le talent, vu chez Hermès comme chez Ligne Roset, n’est plus à prouver. Fumi, on le sent tout de suite, a quelque chose d’une référence initiatique : d’un côté, la rigueur géométrique, presque mathématique, rassure l’usager face aux abstractions trop promises du design ; de l’autre, tout ce qui relève du travail artisanal transmet une douceur. Ce lien fort (fabrication soignée, pièces remplaçables, utilité quotidienne) rend les objets légitimes, ancrés dans le sensible puis dans le durable. Sur ce point, la marque reste fidèle à ses principes, défendus depuis plus d’une décennie : produire moins, mais mieux, avec constance et cohérence.

Après Milan, New York et Londres, la collaboration entre Giorgetti et Maserati fait escale à Paris depuis le 9 octobre dernier, dans l’écrin feutré du 10 rue de l’Abbaye, à Saint-Germain-des-Prés. L’occasion d’une installation repensée pour faire dialoguer design d’intérieur et automobile selon le savoir-faire italien. 

Premier hôtel de la marque à Osaka, le Four Seasons a ouvert ses portes dans le quartier d’affaires de Dojima, avec une architecture intérieure signée du designer français Gwenaël Nicolas (studio Curiosity). Cette collaboration entre l’hôtel et le designer a été distinguée par The International Hotel & Property Awards 2025 dans la catégorie « Hôtel de moins de 200 chambres ».

À Champoluc, au cœur du Val d’Ayas, Astet Studio signe la transformation complète de l’hôtel Aethos Monterosa, qui rouvrira ses portes à l’hiver 2025. Basé à Barcelone, le studio fondé par Ala Zreigat et Oscar Engroba revisite ici le chalet alpin à travers une approche contemporaine, fondée sur la sincérité des matériaux, la rigueur des formes et une attention minutieuse aux détails.

À Hangzhou, en Chine, WJ STUDIO signe Rose Gallery, une salle d’exposition entièrement dédiée à la porcelaine chinoise ancienne. Son concept s’ancre dans la pensée de Laozi sur la dualité entre le plein et le vide : les objets incarnent la « présence », tandis que l’espace exprime l’« absence ». Ici, le vide devient un langage silencieux, un écrin qui révèle la beauté et la profondeur des œuvres exposées.
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