Designers et éditeurs au défi du design circulaire Dans l’industrie du mobilier, la notion de design conscient s’impose progressivement comme un changement de paradigme. Longtemps associée au seul choix de matériaux plus responsables, la durabilité s’étend désormais à la conception même des objets : démontabilité, réparabilité, modularité et possibilité d’évolution dans le temps deviennent des critères de projet. Plusieurs marques européennes explorent aujourd’hui ces principes en collaboration avec des designers, cherchant à intégrer la circularité dès les premières étapes du design.
Laurence Carr, designer engagée dans la circularité Designer franco-américaine installée à New York, Laurence Carr développe depuis plusieurs années une pratique qui associe architecture intérieure, design de produits et recherche sur les matériaux durables. Formée notamment à Parsons School of Design, elle fonde le studio Laurence Carr Inc., avec lequel elle conçoit des projets résidentiels et commerciaux en privilégiant des matériaux sains, renouvelables et des environnements favorisant le bien-être. Son travail s’inscrit dans une réflexion plus large sur le rôle du design face aux enjeux environnementaux, avec une attention particulière portée au cycle de vie des objets et à la circularité dans l’industrie de l’aménagement.
AHEC : neuf objets pour penser le slow design Depuis quelques années, designers et studios interrogent plus ouvertement la logique de production rapide qui domine encore l’industrie du mobilier. Face aux enjeux environnementaux et à la saturation matérielle, certains projets explorent d’autres rythmes de conception, en s’intéressant davantage aux ressources disponibles, aux usages et à la durée de vie des objets. C’est dans cette perspective que l’American Hardwood Export Council (AHEC) avait lancé au début des années 2020 l’initiative Slow Design for Fast Change, invitant neuf jeunes designers à travailler à partir de trois essences de feuillus américains : chêne rouge, érable et cerisier.
L’acoustique invisible : quand le son devient un matériau L’acoustique connaît aujourd’hui une bascule décisive : elle quitte le registre du traitement technique pour entrer dans celui de la matière, au même titre que la lumière, le textile ou le bois.
Gaëtan Le Penhuel & Associés : l’acoustique invisible au cœur du Collège Caroline Aigle À Cergy, le Collège Caroline Aigle a été livré en janvier 2023 après seulement un an de chantier, un délai particulièrement resserré pour un établissement scolaire. Le projet, mené par le cabinet Gaëtan Le Penhuel & Associés, devait répondre à l’urgence démographique de l’agglomération de Cergy-Pontoise, avec une capacité d’accueil de 700 élèves. Dans ce contexte contraint, l’intégration des plafonds fournis par Hunter Douglas a joué un rôle central, autant pour la maîtrise acoustique que pour la modularité recherchée.
Vers une acoustique intégrée : objets, surfaces et ambiances en transition En design intérieur, l’acoustique gagne aujourd’hui un rôle inédit en devenant une véritable matière de projet. Au lieu d’intervenir en marge, elle s’intègre à des objets qui façonnent naturellement l’espace, lumière, assise, revêtement, système audio, jusqu’à modeler l’ambiance sans jamais s’imposer visuellement. En circulant ainsi d’un domaine à l’autre, elle transforme notre perception du confort spatial et redéfinit les outils du design intérieur.
Factory transforme le siège d’Euronext en un outil spatial et acoustique stratégique Dans un contexte où Euronext devait choisir entre rester à La Défense ou réintégrer Paris intramuros, la décision de transformer en profondeur son siège plutôt que de déménager constitue le point de départ du projet confié à Factory. L’enjeu portait autant sur la performance des espaces que sur leur capacité à incarner l’identité du premier opérateur boursier paneuropéen, dont les 6 000 milliards d’euros de capitalisation et le rôle régulateur exigent des lieux à la hauteur de son influence.
Sols et surfaces : le retour structurant du terrazzo, des mosaïques et des marqueteries contemporaines À l’heure où les plans se décloisonnent et où les volumes se simplifient, les sols et surfaces redeviennent un outil de composition majeur. Terrazzo, mosaïques et marqueteries contemporaines ne se contentent plus d’habiller l’espace : ils en dessinent les contours, en structurent les usages et participent pleinement à l’identité des lieux. Par leur matérialité et leur précision, ces surfaces horizontales s’imposent comme de véritables éléments d’architecture.
VIA Campus à Beroun : le terrazzo comme surface structurante d’un brownfield réinventé À proximité du centre historique de Beroun, en République tchèque, le campus scolaire VIA (imaginé par le studio local OVA) s’inscrit dans la première phase de reconversion de l’ancienne friche textile Tiba. Ce projet, qui regroupe une école maternelle et une école élémentaire, transforme un site industriel en un lieu d’apprentissage, de jeu et de vie communautaire. Dans cet ensemble où la végétation structure les espaces extérieurs et les circulations, le travail des sols et des surfaces participe pleinement à l’identité architecturale. Le terrazzo, notamment, devient un élément clé du langage intérieur.
Maxime Bufalo restaure le terrazzo du Jardin d’hiver de Rochefort-en-Terre Artisan spécialisé dans les sols minéraux décoratifs, Maxime Bufalo, fondateur de BCBM, est intervenu sur le chantier du Jardin d’hiver du Château de Rochefort-en-Terre, dans le cadre d’une commande du Ministère de la Culture. L’opération, menée par l’architecte Marie Suzanne de Ponthaud, portait sur la restauration d’un sol en terrazzo vieux de plus de 400 ans. Le château a récemment été élu monument historique préféré des Français.