Prolongement naturel de l’architecture intérieure, l’espace outdoor s’impose aujourd’hui comme un véritable champ de conception. Terrasses, patios, jardins ou rooftops ne relèvent plus uniquement de l’agrément, mais participent pleinement à la qualité d’usage des bâtiments. 

Depuis près de trois décennies, l’architecte Reda Amalou impose une vision holistique de la création. Entre l’agence AW2 et sa maison d’édition éponyme, il abolit les frontières entre les échelles pour placer l’expérience et la matière au cœur de son écriture.

Face à la place croissante prise par les espaces extérieurs, de nombreux éditeurs et fabricants ont choisi d’investir ce champ en développant des collections dédiées ou en adaptant leurs savoir-faire existants à des contraintes climatiques spécifiques. Cette évolution traduit une tendance de fond : l’outdoor constitue désormais un segment à part entière du design, mobilisant des matériaux, des textiles et des solutions techniques capables d’assurer durabilité et qualité d’usage en extérieur.

Sur l’île grecque de Skiathos, la OHLIVE Beach Villa conçue par 3H Architects montre à quel point l’aménagement extérieur peut devenir le véritable centre du projet architectural. Implantée dans une ancienne oliveraie face à la mer Égée, la maison s’appuie sur les qualités du site pour organiser une manière d’habiter où la vie quotidienne se déploie largement dehors.

Associé aux cultures autochtones d’Amérique du Nord, le totem désigne à l’origine un objet ou un symbole incarnant une entité spirituelle, un groupe ou une lignée. Aujourd’hui, le terme s’est progressivement déplacé vers le champ du design et de l’architecture intérieure, où il désigne des objets autonomes, souvent verticaux, investis d’une forte charge visuelle et symbolique. 

Dans le cadre du programme MATTER and SHAPE (hors les murs), la Tiny Room d’India Mahdavi accueille l’exposition L’Office, conçue par l’artiste et designer Stéven Coëffic. Présentée comme un environnement domestique, l’installation s’intéresse à ces éléments architecturaux discrets qui structurent les intérieurs sans jamais attirer l’attention. En les isolant, en les agrandissant et en les transposant dans un autre matériau, le designer les transforme en objets sculpturaux proches de formes totémiques.

Au fil de ses recherches de chineur, Nicolas Flachot collecte des fragments de bois issus d’objets ou de structures oubliées pour les transformer en pièces sculpturales qu’il nomme totems. Réunies sous le nom de Victor, ces créations prennent place entre mobilier et sculpture. Elles s’imposent dans l’espace sans fonction utilitaire évidente, affirmant une présence matérielle qui relève davantage du geste artistique que de l’objet domestique.

À l’occasion du Salone del Mobile 2026, qui se tiendra à Milan du 21 au 26 avril, Bonaldo dévoilera une nouvelle série de pièces où la dimension sculpturale du mobilier occupe une place centrale. À travers les créations de Mauro Lipparini et Fabrice Berrux, l’éditeur italien poursuit son exploration de formes capables de structurer l’espace intérieur au-delà de leur seule fonction. Tables et assises s’y lisent comme des objets autonomes, presque totémiques, où la présence formelle participe directement à la définition de l’environnement domestique.

À l’occasion de la foire d’art et de design TEFAF Maastricht, la galerie Friedman Benda consacre un stand monographique au studio Formafantasma. Intitulée Formation, cette installation immersive explore les origines matérielles du mobilier et la manière dont une simple planche de bois peut devenir le point de départ d’un langage contemporain. Une réflexion sur la matière et la transformation des ressources qui s’inscrit pleinement dans les débats actuels autour d’un design plus responsable.
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