Ville régénérative : quand l’urbain doit rendre plus qu’il ne prélève La “ville durable” s’est construite sur une promesse de sobriété : réduire les consommations, limiter l’artificialisation, amortir les chocs climatiques. La ville régénérative déplace le curseur. Elle ne se contente plus de “moins dégrader” : elle vise un bilan positif, capable de restaurer des fonctions écologiques tout en répondant aux besoins d’habiter. Autrement dit, produire plus qu’elle ne consomme, au sens large : énergie, fraîcheur, infiltration, biodiversité, santé, qualité du sol.
Sumu Yakushima : produire plus que consommer, une architecture régénérative Sur l’île de Yakushima, au sud du Japon, le projet Sumu imaginé par Tsukasa Ono développe une approche architecturale qui dépasse la simple réduction d’impact environnemental. Implanté dans un site classé au patrimoine mondial, au cœur d’un territoire marqué par des forêts denses et des cèdres millénaires nourris par d’abondantes précipitations, le projet adopte une logique régénérative : non seulement limiter les dommages, mais améliorer activement l’environnement.
À Aix-en-Provence, Christophe Gulizzi affirme une ambition BEPOS pour le complexe sportif Henri-Michel Livré à l’automne 2024 route d’Apt, le complexe sportif Henri-Michel, conçu par Christophe Gulizzi Architecte après sa victoire au concours en 2019, s’inscrit dans une trajectoire clairement affichée : faire d’un équipement public de quartier un démonstrateur environnemental.
Benjamin Fleury à Barbès : faire du BEPOS un acte urbain, entre pierre et pierre liquide À Barbès, sur l’un des boulevards les plus bruyants et denses de Paris, Benjamin Fleury signe une opération de sept logements en R+7 qui revendique le label BEPOS. Implanté à la place d’un immeuble insalubre démoli après éviction d’un propriétaire défaillant, le projet porté par Elogie-Siemp transforme une situation de dégradation en démonstration énergétique et architecturale. Le contexte est particulièrement contraint. La parcelle s’insère entre un immeuble haussmannien du XIXe siècle, structuré par une forte horizontalité, et un bâtiment Art déco des années 1930, marqué par une verticalité affirmée. Tous deux partagent l’usage de la pierre de taille parisienne et une richesse ornementale qui témoigne du passé du quartier. Face à cette dualité, le projet cherche une position intermédiaire plutôt qu’un contraste frontal.
Le béton bas carbone : mutation silencieuse d’un matériau clé de la construction Longtemps associé à une empreinte carbone lourde et à une production énergivore, le béton vit aujourd’hui l’une des plus grandes transformations de son histoire. Sous l’effet des exigences environnementales, de l’évolution des procédés industriels et de la montée en compétence des concepteurs, le béton bas carbone s’est imposé comme un nouvel étalon pour les chantiers contemporains.
Plaine Commune Habitat : des logements sociaux bas carbone au cœur du Village Olympique À Saint-Denis, le Village Olympique et Paralympique entre officiellement dans sa phase Héritage avec la remise des clés de 292 nouveaux logements situés au cœur du quartier Universeine. Après avoir accueilli le monde entier à l’été 2024, ce site emblématique du Grand Paris poursuit sa transformation : d’un lieu de vie éphémère pour les athlètes, il devient un quartier pérenne, mixte et durable.
Îlot E6 à Brazza : le béton bas carbone un outil de transformation urbaine Au cœur du quartier en renouvellement de Brazza, sur la rive droite de Bordeaux, l’Îlot E6, un projet signé par MARCIANO Architecture (mandataire), s’impose comme une démonstration concrète de ce que peut produire une architecture pensée pour conjuguer densité, qualité de vie et impact environnemental réduit. Développé par Cardinal Promotion et dessiné sous la direction de l’architecte et urbaniste Youssef Tohmé dans le cadre du projet urbain Brazza, l’ensemble assume un parti pris structurel fort : une écriture architecturale massive, poreuse et homogène, rendue possible par l’usage d’un béton bas carbone teinté dans la masse.
Quatre architectures, quatre stratégies pour réduire l’empreinte constructive Un peu partout sur le territoire, le béton bas carbone s’impose comme un outil structurant de la transition constructive. Pouvant prendre plusieurs formes, selon les projets, il révèle une pluralité d’usages, adaptés à des programmes, des territoires et des ambitions environnementales distinctes. Un matériau qui peut alors se décliner en socle structurel, en support bioclimatique ou en levier de réhabilitation durable.
L’eau dans la ville : entre gestion, fraîcheur et symbolique Infiltration, fraîcheur, biodiversité, usages : l’eau s’impose comme un levier transversal, technique et sensible, qui infléchit désormais la forme des bâtiments comme celle des quartiers. Dès lors, elle devient moteur dans certains projets en guidant les formes, orientant les sols, rafraîchissant les parcours et structurant la relation entre ville et nature.
Le Pont d’Issy : recomposer un morceau de ville entre Seine et tissu urbain À Issy-les-Moulineaux, la transformation du quartier du Pont d’Issy atteint son plein aboutissement avec près de 80 000 m² réalisés sous la direction de Françoise Raynaud, fondatrice de Loci Anima Architectures. Portée par la municipalité d’André Santini, la SPL Seine Ouest Aménagement, AXA IM Alts et Sefri-Cime, l’opération réunit logements, bureaux, commerces, crèche et vastes espaces plantés en lien direct avec la Seine. Elle forme aujourd’hui un ensemble cohérent, pensé comme un écosystème urbain où quatre bâtiments majeurs dialoguent et composent une nouvelle interface entre ville dense et bord de fleuve.