SU par Aytac Architects : une résidence suspendue entre mer et cité Avec SU, Aytac Architects livre à Küçükyalı, sur la rive asiatique d’Istanbul, un projet résidentiel de cinq étages qui repense le lien entre architecture, paysage urbain et cadre naturel. Situé entre la mythique Eski Bağdat Caddesi et la mer de Marmara, le bâtiment occupe un site rare par son ouverture directe sur l’horizon marin, loin de la densité habituelle de la ville.Plutôt que de céder à la logique du jardin au sol, le studio mené par Alper Aytaç élève littéralement le paysage. Le bâtiment, contraint par une réglementation stricte de hauteur, maximise son emprise au sol. Pour restituer un espace de respiration aux habitants, l’équipe conçoit un jardin suspendu sur le toit : 100 mètres linéaires de promenade, potagers, zones de détente, espaces communs intérieurs, solarium... Le tout coiffé par une structure qui fait à la fois office de pergola et de support pour une ferme solaire, réduisant les coûts d’entretien tout en s’intégrant dans le contexte alentour de toitures en pente.Ce parti-pris de densité compensée par un vide en hauteur donne naissance à une volumétrie compacte mais expressive, articulée autour de deux façades majeures. Côté mer, la Sea Facade joue la transparence : évoquant une pellicule radiographique, elle laisse entrevoir l’organisation intérieure du bâtiment tout en offrant aux habitants loggias ombragées et vues panoramiques sur les îles des Princes. Côté ville, la City Facade opte pour une approche plus opaque, presque introspective. Vue depuis la rue, elle dissimule partiellement la mer, tout en révélant par fragments la vie intérieure du bâtiment, à travers des encadrements visuels qui rappellent les jeux de perception chers à René Magritte.Entre ces deux visages du bâtiment, les façades latérales, plissées, offrent à la fois des percées visuelles vers la mer et assurent l’intimité entre voisins. Elles créent un effet de médiation architecturale, comme un pli dans le tissu urbain qui brouille les frontières entre public et privé, ouvert et fermé.Chaque étage est composé de quatre unités modulables, pouvant être regroupées pour répondre à différents modes d’habiter. Cette flexibilité structurelle s’accompagne d’une réflexion sur la matérialité : entre surfaces réfléchissantes, béton apparent et éléments filtrants, Aytac Architects propose ici un langage subtil, jamais démonstratif, où le bâtiment devient écran autant que refuge. Visuels © : Aytac Architects Précédent Suivant