Cathrin Trebeljahr explore les "Territoires croisés" entre France et Suisse Présentée du 15 mai au 21 juin 2025 à la Galerie d’Architecture à Paris, l’exposition Territoires croisés retrace le parcours singulier de l’architecte Cathrin Trebeljahr à travers onze projets réalisés entre la France et la Suisse. À la croisée des cultures, des échelles et des temporalités, cette sélection témoigne d’une architecture contextuelle, attentive à son environnement et portée par des enjeux à la fois sociaux, écologiques et patrimoniaux.Formée à l’EPFZ de Zurich et passée notamment par les agences de Mario Botta, Aurelio Galfetti, Jean Nouvel et Mario Campi, Cathrin Trebeljahr fonde en 2008 son agence à Paris, avant d’ouvrir In-Out Architecture à Genève en 2012. Depuis, elle développe une pratique rigoureuse, fondée sur l’économie du projet, la lecture fine des territoires et une écriture architecturale à la fois sobre et engagée.Territoires croisés donne à voir des projets neufs comme des réhabilitations, à l’image du centre CREPS de Dijon livré en 2023, conçu en construction sèche modulaire pour minimiser l’impact environnemental et optimiser les futurs usages. À Paris, l’îlot M10A (ZAC Rive Gauche), actuellement en études, propose 143 logements et quatre commerces dans un bâtiment dense mais ouvert, structuré par une trame de 3,50 m qui assure flexibilité et évolutivité dans le temps.Le lien entre patrimoine et usages contemporains est particulièrement sensible dans la transformation de la préfecture de Versoix, livrée en 2020. Ce bâtiment hétérogène, recomposé en pôle culturel et associatif, devient un lieu d’échange intergénérationnel au cœur de la ville. Même ambition dans le projet de Renens, en Suisse, qui combine un EMS et une crèche au sein d’une même maison partagée, pensée pour faciliter les interactions entre résidents âgés et enfants à travers une architecture ouverte.À Paris encore, l’opération de rénovation de la résidence Contenot-Decaen (485 logements) réinterroge la matérialité des façades à travers l’usage de la céramique et de l’aluminium réfléchissant. Une manière de désamorcer la masse bâtie et de renouer avec la lumière, tout en répondant aux exigences du Plan Climat de la Ville de Paris (Cep ≤ 80 kWh/m².an).Dans tous ces projets, la notion de “territoire croisé” se traduit par une attention constante au contexte : géographique, social, culturel ou même pédagogique, comme dans la réhabilitation et l’extension de l’école des Ranches I à Vernier. Le bois et les briques de terre crue y composent une matérialité à la fois locale et durable, au service d’un projet scolaire ouvert et modulable. Visuels © : ONIRISME, Alexis Toureau, Daniele Rocco, maaars architektur visualisierungen, Thomas Jantscher Précédent Suivant