Réalisée à Lisieux par l’agence François Prinvault Architecte pour Calvados-Habitat, la Résidence Eric Tabarly est une opération de logements locatifs sociaux composée de 16 appartements T2 et T3. Construite dans le cadre de la restructuration des quartiers d'habitation de la ville, cette résidence s'élève en lieu et place d'une ancienne tour de grands logements qui ne répondait plus aux normes et aux demandes du marché locatif.



































Sur ce projet, François Prinvault précise:

"Interstice : n. m. Mince espace qui sépare deux choses.

Ces logements sont situés dans le quartier de Hauteville qui s’est développé hors de la ville-centre à partir de 1962 et compte aujourd’hui 8.000 habitants. Ce quartier combine 2 types de tissus urbains : au centre, barres et tours sont organisées suivant une trame orthogonale dans une tradition de grand-ensemble moderne. En périphérie, un tissu pavillonnaire ceinture le tout.

Ils prennent place dans un interstice séparant ces deux tissus urbains. Au sud du site, coté grand-ensemble, l’absence de clôtures entre barres et tours brouillent la notion de limites entre espaces publics et espaces privés ; le bâti existant est disposé au milieu d’espaces ouverts mi-piétons mi-carrossables, mi-verts mi-bitumés. Au nord, coté pavillons, les clôtures sont systématiquement implantées en limites parcellaires : trottoirs, voiries et venelles sont alors les seuls espaces accessibles au visiteur.

Intermédiaire : adj. et n. Qui, étant entre deux choses, forme une transition ou assure une communication.

Bien que la notion de quartier soit présente à Hauteville grâce aux différents secteurs et centralités, force est de constater que de part et d’autre du site se font face deux types de tissus, deux types de bâti, deux types d’espaces publics, deux types d’usage, deux types de manières d’habiter. L’opération cherche à créer du lien entre tout cela et à assurer une transition.

Les 16 logements s’organisent en 2 bâtiments compacts, bas et linéaires, l’un implanté sur la trame orthogonale du grand-ensemble, l’autre implanté en parallèle et retrait de la voirie comme le sont les pavillons. Coté nord, les façades des deux bâtiments sont planes, continues et régulières car elles se lisent sur fond de barres et de tours aux façades sans épaisseur. Coté sud, les façades des deux bâtiments se creusent et expriment les cellules de logements car elles se lisent sur fond de petit pavillons. Les traitements paysagers participent à ce travail de transition en raccordant à l’échelle de l’îlot différents cheminements piétons existants et en préservant le cœur des flux automobiles.

Appropriation : n. f. Action d’approprier, de rendre propre à un usage, à une destination.

Bien qu’il s’agisse de logements collectifs au regard des différentes règlementations, chacun possède son entrée propre. Les logements à RDC sont accessibles par jardins privatifs depuis le sud. Les logements à R+1 sont accessibles par escaliers privatifs depuis le nord. Tous les logements possèdent un séjour orienté sud, tous sont traversants, tous sont dotés d’un garage privatif et bénéficient soit d’une terrasse, soit d’un jardin privatif également orienté sud. Ces espaces extérieurs privatifs sont vecteurs d’appropriation pour le résident: à RDC, les jardins est traité avec pelouse, terrasse et plantations tandis qu’à R+1, les terrasses sont dotées d’un « meuble jardinière », pensé comme la cabane au fond du jardin, où l’on peut entreposer à l’extérieur barbecue, bac à fleur et matériel. Cette question de l’appropriation d’espaces pour usages individuels au sein d’un bâtiment collectif est essentielle puisqu’à nos yeux, elle constitue l’une des clés pour assurer une alternative à la maison individuelle et à son corollaire, le mitage périurbain.

Identité : n. f. Caractère de deux objets de pensée identique.

Si la transition urbaine est assurée par l’implantation, les gabarits et les usages, se pose tout de même la question de l’identité. A quel ensemble appartient cet élément de transition : pavillonnaire ou grand-ensemble ? Est-il commun aux deux ? Il nous a semblé préférable de chercher son identité ailleurs et de s’inspirer de l’habitat traditionnel du Pays d’Auge caractérisé par des systèmes constructifs mixtes (maçonnerie / bois) et des polychromies de façade. Ainsi certains éléments du projet ont été conçu en ossature et bardage bois, non traité pour des raisons environnementales, qui prendront à l’avenir un aspect minéral gris. Trois tons d’enduits sur maçonnerie ont été sélectionnés pour leur couleur et leur capacité à s’adapter aux différents aspects que prendra le bois au fil du temps."

Photographies : Benoit Fougeirol


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