Fête des Lumières... 18e ! Durant quatre jours, celle qui fut la capitale des Gaules a une nouvelle fois brillé de mille feux à l'occasion de cet événement populaire, d'origine religieuse, vieux de quatre siècles. Un voyage féérique au cœur d'une cité chargée d'histoire.

En 1643, les Lyonnais, craignant une épidémie de peste, prient Marie de les épargner. Leur vœu sera exaucé et, en remerciement de cette protection, ils promettent à la Vierge de lui rendre hommage chaque année au travers d'une procession. Plus tard, en 1850, ils décident d'ériger une statue à son effigie au sommet de la colline de Fourvière. En 1852, une fois la sculpture terminée, il leur faut encore patienter trois mois pour inaugurer officiellement le monument, à cause d'une crue de la Saône. Le jour J, le 8 décembre, le ciel s'obscurcit et fait craindre un nouveau report de la cérémonie. Mais tout d'un coup, les nuages se dissipent. La célébration peut enfin avoir lieu. Aux anges, les habitants disposent spontanément des luminions à leurs fenêtres. Une tradition est née.

En 1989, la Municipalité décide de décliner l'événement à l'échelle de toute la ville, de ses paysages et de ses monuments. Mais il faudra attendre dix ans pour que la manifestation ne prenne l'ampleur qu'on lui connaît aujourd'hui, occupant la cité millénaire durant quatre jours et surtout quatre nuits. Quatre nuits durant lesquelles les curieux peuvent découvrir, sur un périmètre dorénavant limité à la Presqu'île, au Vieux-Lyon et à la colline de Fourvière, des œuvres lumineuses en tout genre : sculpture éclairée, projections, lampions géants, etc. Aux fenêtres des immeubles, on trouve toujours bien entendu les indémodables luminions – dont les profits réalisés par leur vente sont reversés à une association, cette année Laurette Fugain.
Forte de son succès, Lyon exporte aujourd'hui son savoir-faire en France – Montpellier a inauguré en 2017 un premier événement du genre –, et à l'étranger, dans des villes comme Hong-Kong, Shanghai (Chine) ou Quito (Équateur). Une réputation qui n'est plus à faire, et qui n'empêche cependant pas la ville d'innover à chaque édition.

« La Fête est aussi, un laboratoire où s'exprime la créativité des artistes. » Georges Képénékian, Maire de Lyon

Du 7 au 10 décembre, 46 installations ont ainsi jalonné le cœur de la métropole. Une programmation issue d'un processus de sélection opéré par les équipes de la Mairie, qui ont choisi des concepts, non pas des formes finies, qu'ils ont ensuite répartis sur les différents sites. Cette année, l'un des emplacements clés, la Cathédrale Saint-Jean, revient à la plasticienne Helen Eastwood et à l'autodidacte de la lumière Laurent Brun. Un lieu emblématique que les deux comparses se sont amusés à construire et à déconstruire. La façade, figée depuis le XVe siècle, connaît ainsi une nouvelle vie. Côté Place des Terreaux, la plasticienne Nathanaëlle Picot nous fait réviser nos classiques du septième art, ici réinterprétés par les personnages animés de sa fille Enoha et de son chat dans un mapping géant prenant possession de la façade du Musée des Beaux-Arts et de l'Hôtel de Ville. Sur la Grande Poste, place au retro-gaming avec Insert coin, où les héros de jeux vidéo tels que Packman ou Tekken utilisent l'enveloppe du bâtiment comme terrain de jeu. En face, une réalisation plus terre à terre nous amène dans un jardin peuplé des fleurs et papillons lumineux. Tout un programme...

Encore une fois, Lyon transporte donc petits et grands dans des pérégrinations nocturnes dont la multitude de formes ravit tous les publics et assure encore de belles années à venir à la manifestation.

Pour en savoir plus, visitez le site de la Fête des Lumières

Photographies :
1) Spider circus (Place Sathonay) – Groupe LAPS ©M.Chaulet
3,4) Enoha fait son cinéma (Place des Terreaux) – Nathanaelle Picot ©M.Chaulet
5,6) Insert Coin (Grande Poste) – Mr. Beam ©M.Chaulet
7) Golden Hours (Place des Jacobins) – Jacques Rival ©M.Chaulet
8) Les Pikooks (Place de la République) – Christophe Martine ©M.Chaulet
9) La pelleteuse aquarium (Rue du Pdt Carnot) – Benedetto Bufalino et Benoit Deseille ©M.Chaulet
10) Mètre (St Bonaventure) – Stéphane Durand et Patrick Laurino ©M.Chaulet
11,12) Unisson (Cathédrale St Jean) – Helen Eastwood et Laurent Brun ©M.Chaulet
13) Genius Scala (Montée de la Grande Côte) – Ilex ©M.Chaulet
14) Rayonnement (Hôtel-Dieu) – Laurent Langlois & Daniel Knipper ©M.Chaulet
15) Promenons-nous (Place Bellecourt) – Tilt ©M.Chaulet




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