Le Studio Véronique Cotrel traduit l'artisanat horloger de Yema dans sa boutique parisienne Pour concevoir le premier point de vente parisien de la maison horlogère indépendante YEMA, fondée en 1948, le Studio Véronique Cotrel a puisé son inspiration dans la culture artisanale franc-comtoise. Installée historiquement à Morteau, dans le Doubs, près de la frontière suisse, la marque incarne une tradition de l’exigence, du temps long et du soin apporté aux matériaux. L'agence d'architecture d'intérieur, reconnue pour ses réalisations résidentielles, a ainsi mobilisé son savoir-faire pour transposer cette philosophie horlogère dans un local commercial du sixième arrondissement. L’enjeu architectural consistait à rejeter les codes traditionnels de la distribution pour imaginer un espace expérientiel vivant où le visiteur se sent comme chez lui. Le choix de la matière illustre directement cette influence de l’exigence artisanale sur l'agencement. Le noyer, sélectionné pour ses nuances profondes et sa chaleur naturelle, compose l’essence principale du mobilier et habille certains pans de murs. Ce bois noble entre en dialogue avec le travertin du sol, le miroir, le verre et le métal. L’inox massif s’associe à ces textures dans un écho subtil aux composants des montres YEMA. Comme détail signature de l’agence, les vitrines reçoivent un encadrement au motif cranté. Ce dessin précis reproduit les engrenages des mécanismes, intégrant de manière graphique la mécanique horlogère au décor.La boutique du 198 boulevard Saint-Germain s’organise selon un parcours en deux séquences. À l’entrée, un espace d’exposition lumineux présente l’ensemble des collections. Vers le fond, l’atmosphère devient feutrée et adopte les codes d’un lounge d’hôtel pour inviter à prendre le temps. Une moquette bleu nuit couvre le sol, complétée par une banquette arrondie dessinée sur mesure. Un bar en inox massif équipe un petit espace de restauration. Un rideau en velours épais délimite la zone réservée au personnel. Ce textile lourd dissimule entièrement la cuisine lorsqu’il est tiré, préservant la confidentialité du lieu.Visuels © : Irvin Heller Précédent Suivant