À Antiparos, ANTIQUA fait dialoguer design historique et matière cycladique À Antiparos, ANTIQUA Gallery investit Maison Bardot avec by the sea, un projet estival pensé comme une rencontre entre design historique, architecture cycladique et paysage insulaire. Plus qu’une exposition, l’ensemble compose une expérience atmosphérique où les pièces du XXe siècle dialoguent avec la lumière, les textures et la temporalité du lieu. Pour la saison estivale 2026, ANTIQUA Gallery revient à Maison Bardot, sur l’île grecque d’Antiparos, avec un projet intitulé by the sea. Déployé durant les mois de juin, juillet et août, celui-ci prolonge une première intervention menée dans ce même espace à l’été 2024.Loin de la neutralité du white cube, Maison Bardot se présente comme un environnement hybride, à la croisée de l’hospitalité, de la recherche curatoriale et de la pratique d’exposition. Le lieu accueille le design historique dans un cadre qui ne cherche pas à l’isoler, mais au contraire à l’inscrire dans une relation directe avec l’architecture et le paysage. L’architecture cycladique y joue un rôle central. Surfaces en chaux et en argile, sols en terre cuite pigmentée, volumes courbes et lumière diffuse composent un décor tactile, presque poreux, dans lequel la frontière entre intérieur et extérieur semble se dissoudre. Cette condition spatiale devient le point de départ du projet : interroger la manière dont le design historique peut être vécu hors des cadres domestiques ou muséaux habituels.Dans cet environnement, les meubles, assises et luminaires du XXe siècle ne sont pas traités comme de simples éléments décoratifs. Ils apparaissent plutôt comme des présences autonomes, presque sculpturales, capables d’entrer en résonance avec la matière du lieu. ANTIQUA propose ainsi une lecture sensible du design historique, où les objets ne sont pas seulement regardés pour leur valeur patrimoniale ou formelle, mais pour leur capacité à transformer l’espace. Les patines, les proportions, les textures et les lignes deviennent les éléments d’un dialogue plus vaste avec l’architecture de Maison Bardot. Le projet rejoint en cela une réflexion chère à Carlo Scarpa : la matière n’est jamais un simple support, mais un langage. À Antiparos, cette idée prend une dimension méditerranéenne. Les pièces exposées semblent absorber la lumière, répondre aux murs minéraux, se charger de la temporalité de l’île. Le design n’est plus figé dans une scénographie, il devient une présence vivante, traversée par l’air, la lumière et le temps.À partir du 18 juillet, by the sea s’enrichit d’une collaboration avec Massimo De Carlo et de la participation de l’artiste Brian Rochefort. Ses œuvres en céramique, marquées par des surfaces volcaniques, des stratifications colorées et des formes organiques instables, prolongent la réflexion du projet sur la matière comme condition vivante et transformative. Cette rencontre entre design historique, art contemporain et architecture renforce le caractère évolutif de l’installation. Plutôt qu’une exposition figée, by the sea se déploie comme une narration spatiale, appelée à se modifier au fil de l’été. Visuels © : Giorgos Sfakianakis Précédent Suivant