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Figure culte des années soixante, Serge Mouille (1922-1988) aurait fêté son centième anniversaire cette année. L'occasion de revenir sur son parcours qui a marqué durablement l'histoire du design. Lumière sur cette icône de l'art décoratif.

Issu d'une famille étrangère au monde de l'art, rien ne prédestinait Serge Mouille à devenir le sculpteur de métal qu'il est devenu. Il passe son enfance entre Paris et Le Gâtinais, près de Montargis, chez ses grands-parents à l'occasion des vacances scolaires. Là-bas, il découvre et s'éprend de la nature, et de retour à Paris, le jeune Serge Mouille passe des heures au Jardin des plantes à dessiner plantes et animaux. Grâce à ses impressions d'enfance, une ébauche du futur artiste se fait jour. Sur les conseils de son professeur de dessin, il s'inscrit au concours d'entrée des Arts Appliqués où il est reçu à l'âge de 13 ans, il est ainsi le plus jeune élève de son temps

Serge Mouille se forme auprès de celui qui deviendra son mentor Gabriel Lacroix. De lui, il apprendra tout du dialogue entre le métal et le marteau, et fera du jeune apprenti le virtuose que l'on connait. Diplôme en main, Serge Mouille entre chez Hénin Orfèvre Paris. C'est ici qu'il côtoie différents orfèvres dont il n'a rien à envier du savoir-faire. Après la guerre, Serge Mouille se lance à son propre compte et travaille pour diverses maisons d'orfèvrerie.

En parallèle, il travaille comme enseignant à l'École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et métiers d'Art, il succède ainsi à celui qui lui a tout appris - Gabriel Lacroix - à la tête de l'atelier d'orfèvrerie. 

Au début des années 1950, Serge Mouille rencontre Jacques Adnet, alors directeur de la Compagnie des Arts Français. Ce dernier lui commande un luminaire de grande taille pour sa clientèle sud-américaine. C'est ainsi que Serge Mouille dessine et crée le Lampadaire trois bras en 1952, premier modèle de l'emblématique série des Formes Noires. Il déclinera ensuite cette série en différents modèles (le lampadaire simple ; appliques et plafonniers) tout en gardant les mêmes codes esthétiques : fines tiges de métal courbées, abat-jours dont la forme évoque les courbes du sein féminin, rotule oblongue en laiton apportant une touche chic à l'ensemble. Une icône était née !

1962 : le monde a changé. Serge Mouille, depuis dix ans, mène de front sa carrière d'enseignant et celle de concepteur de luminaires. Il décide alors de se démarquer radicalement de tout ce qu'il a fait jusque-là et crée la série des colonnes lumineuses utilisant le tube fluorescent, totalement nouveau à l'époque. Les deux séries sont si différentes que l'on peut penser qu'elles ont été créées par deux personnes distinctes. C'est l'incompréhension et un succès mitigé. Il décide alors d'arrêter sa production de luminaires en 1963 pour se consacrer entièrement à l'enseignement. Serge Mouille s'éteint bien trop tôt en décembre 1988 à l'âge de 66 ans

Même si la carrière de Serge Mouille en tant que designer a été très courte, sa production, rigoureuse et sensuelle à la fois, constitue un héritage précieux qui continue d'attirer les architectes d'intérieur les plus prestigieux. C'est la rencontre entre la veuve de Serge Mouille, Gin, et Claude Delpiroux qui permettra de perpétuer et préserver l'œuvre du créateur. Ensemble ils créent les Editions Serge Mouille en décembre 1999 garantissant la même exigence de qualité de fabrication et en préservant l'esprit "atelier". Claude Delpiroux, passionné et érudit, engage au fil du temps sa famille et c'est aujourd'hui son fils, Didier, qui est aux commandes de la maison familiale.

 

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